L’Editorial de janvier 2009

L’adage boursier qui rappelle que le pire n’est jamais certain aura été contredit par l’année qui s’achève. Bon nombre de prévisions, à commencer par les nôtres auront été balayées par la succession de catastrophes à l’échelle de la planète : crise des crédits subprime américains qui a engendré l’asphyxie du secteur financier - la faillite de la banque Lehman Brothers restera historique -, crise immobilière généralisée, choc et contre-choc pétrolier et plus généralement des matières premières, crise boursière mondiale.

Nous n’aurions pu imaginer les turpitudes de certains acteurs de la finance, qui offriront aux auteurs en panne d’imagination les scenarii les plus invraisemblables : le scandale Jérôme Kerviel à 5 milliards d’euros du début d’année aura été largement dépassé par les malversations de l’affaire Bernard Madoff dont les compteurs atteignent le chiffre astronomique de 50 milliards de dollars. Points communs à ces malversations, la cupidité des acteurs associée à l’opacité des structures et des bilans.

Les dirigeants des banques auront passé l’année à rassurer leurs actionnaires sur la santé de leur modèle et à communiquer trimestre après trimestre des pertes dans leurs activités de marchés. Alors que les actionnaires et les gouvernements ont apporté tous les moyens nécessaires à leur survie pure et simple, il devient difficile de justifier l’existence de ces activités de trading qui ressemblent à un casino ou à un jeu de hasard à somme nulle. Associées à l’arrivée des gestions alternatives, les fameux « hedge funds », elles apportaient selon leurs partisans de la liquidité aux marchés.

Force est de constater que la fonte de leurs actifs a participé au repli des marchés, et qu’ils auront surtout exacerbé les variations extrêmes qui ont sévi sur toutes les classes d’actifs : devises, taux, changes, matières premières et actions.

Or cette volatilité fait voler en éclats les repères utilisés par les ménages comme les entreprises, rendant difficile l’établissement des budgets et mettant de fait un frein aux décisions de consommation ou d’investissement.

Un retour de la volatilité à des niveaux plus raisonnables reste donc un préalable pour que les entreprises puissent travailler sereinement à leur développement. Elles font l’économie et créent la croissance, et elles sonneront la fin de la crise. Après avoir adapté, restructuré leurs activités, les entreprises apporteront in fine la vraie mesure de la valeur de tel partenaire ou concurrent en initiant des opérations financières.

La mobilisation des gouvernements et des banques centrales sans précédent, en injectant des liquidités et des capitaux, en diminuant le coût du crédit à quasiment zéro aux États-Unis, devrait favoriser un redémarrage de l’économie.

Nous poursuivrons en 2009 notre politique de gestion qui consiste à investir en direct sur des titres émis par les entreprises cotées, actions ou obligations, et participer ainsi à leur développement. Même si nous avons subi la forte baisse des valorisations, nous aurons évité toute exposition aux produits toxiques sur lesquels il n’y aura pas de recours ou de rebond.

Alors que les profits des entreprises pour 2008 auront finalement relativement résisté, la baisse généralisée de 40 % des marchés intègre une grande part des difficultés à venir. Certains métiers dits cycliques subiront des pertes à l’image de l’automobile, mais leur valorisation a d’ores et déjà fondu de 80 %. C’est pour cela que nous défendons l’investissement dans des entreprises, sélectionnées avec rigueur, et suivies avec régularité.


  • PDF file Télécharger le rapport de gestion du mois de décembre 2008.