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L’Editorial de mars 2009Patience Le début d’année accentue encore la pression sur les investisseurs. Les marchés actions poursuivent leur recul quasi ininterrompu à un rythme effrayant : -16 % en 2 mois. Nous y sommes. Si l’on compare les quatre grandes phases baissières des marchés américains, le recul atteint celui de la crise pétrolière de 1973-1974 comme celui de l’explosion de la bulle technologique de 2000-2002. Seule nuance, la durée pour rejoindre ces mêmes points bas : 21 mois pour la première, 31 mois pour la seconde. Reste le spectre de la baisse de 1929-1932 qui aura duré 34 mois et marqué un recul de l’indice Dow Jones américain de près de 90 %. Un consensus vise comme point de passage inexorable pour le CAC 40 un support à 2.600 points, puis le point bas des marchés à 2.400 points touché en 2003. Il est pourtant difficile de comparer le CAC 40 dans ces deux phases de baisse tant le poids des valeurs et par conséquent des secteurs sont différents. Les valeurs dites « TMT » - Technologie Media Télécoms - représentaient 28 % de l’indice en 2000, les financières 16 % et l’énergie 12 % (pétrole au travers de Total). Sur les sommets de 2007, les valeurs TMT représentaient 12 %, les financières 22 % et l’énergie 19 % (pétrole et électricité après l’introduction d’EDF). Les multiples de valorisation étaient incomparables : les entreprises du CAC 40 valaient en moyenne 26 années de leurs bénéfices contre seulement 12 années en 2007. La capitalisation actuelle du CAC 40 représente 7,5 années (675 milliards d’euros pour environ 90 milliards de bénéfices réalisés en 2008). La profitabilité des entreprises était bien inférieure, tout comme leur présence et leur rang au niveau mondial, meilleurs garants de leur capacité à défendre leurs marges. Les dividendes annuels versés aux actionnaires représentaient 10 à 20 milliards entre 1999 et 2003, contre 54 milliards versés en 2008, auxquels il faudrait ajouter les programmes de rachat d’actions (en vue d’annulation) pour 11 milliards. Pourtant, la Bourse parvient à remplir ses missions. Les actions cotent en continu et offrent en permanence la liquidité aux investisseurs malgré les retraits records de capitaux des marchés actions. Elles offrent encore aux entreprises la possibilité de se financer au travers d’augmentations de capital. Après les banques en 2008, le secteur de la construction annonce de concert des levées de fonds pour garantir la qualité de sa notation crédit face à la crise. Les marchés de crédit n’auront pas été aussi performants sur la période. Plutôt que d’imaginer un retour au protectionnisme ou la poursuite des plans de soutien à l’économie, il serait peut-être judicieux de procéder tout simplement à des achats d’actions. Que l’État français au travers de son Fonds Stratégique d’Investissement, nos caisses de retraite et nos veuves de Carpentras se réapproprient nos fleurons industriels mondiaux à bon compte ! Commençons par les infrastructures et les concessions (parkings, autoroutes, ponts et tunnels) et les services aux collectivités (traitement de l’eau et des déchets). Soutenir les marchés actions engendre un cercle vertueux : cela revalorise les bilans des banques et assurances au même titre que les injections de capitaux, cela offre aux entreprises une meilleure vision de leurs qualités et rend possible les opérations de fusion-acquisition comme des levées de fonds moins dilutives. Cela redonne également un thermomètre plus favorable aux chefs d’entreprises et aux indices de confiance qui remplissent les pages des statistiques économiques censées préfigurer les comportements des entreprises et des consommateurs. Le Japon annonce sérieusement considérer cette option. Suivons l’exemple. À ce rythme, les points bas seront de toute façon rapidement atteints. Le temps sera venu pour un minimum d’apaisement. Patience.
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