|
|
|||||
|
L’Editorial de mai 2009Après la défiance, la confiance Le rallye boursier entamé le 9 mars dernier s’est poursuivi, le CAC40 retrouvant des niveaux supérieurs à 3.150 points, effaçant la quasi-totalité des pertes de l’année. Les derniers sont les premiers : les secteurs auparavant les plus massacrés sont ceux dont la reprise a été la plus fulgurante à l’image des banques (+ 80 %), des assurances (+ 60 %), des constructeurs automobiles ou des produits de base (+ 40 %). Il aura fallu les craintes d’une épidémie de grippe porcine pour enrayer le mouvement et permettre aux marchés de retrouver leur souffle, car les chiffres d’activité et les résultats au titre de ce premier trimestre 2009 auront montré un changement de comportement fort : même si la publication est légèrement inférieure aux attentes, les marchés ne réagissent plus par des sanctions boursières de 20 ou 30 %. C’est une preuve tangible qu’une large part des mauvaises nouvelles liées aux difficultés économiques sont déjà intégrées dans la valorisation des entreprises. Les feux de signalisation économiques, qui enregistraient des dégradations ininterrompues et généralisées, passent pour certains du rouge fixe à l’orange clignotant de la stabilisation. Après une période de dépression profonde, les marchés voient une lueur au bout du tunnel et sont désormais plus sensibles aux annonces anticipant les sorties de crise qu’à l’amplitude des dégâts. Certaines mauvaises habitudes reprennent : pendant que les résultats des « stress tests » sur les bilans des banques américaines font l’objet de nombreuses spéculations (rappelons que ces tests visent à chiffrer les besoins de capitaux frais pour survivre à la crise actuelle), certaines banques ont rouvert le casino comme Goldman Sachs malgré le soutien public. La banque a accru son exposition aux risques à toute vitesse, sa « Value At Risk » ou VAR (modèle qui simule la somme d’argent pouvant être perdue en une journée de transactions) atteindrait selon Bloomberg déjà 240 millions de dollars. Certains sites financiers spécialisés avancent même que les programmes de « trading quantique » (sic) représenteraient la moitié des volumes traités sur le New York Stock Exchange ! Société Générale refait parler d’elle. Pas moins de 3 communiqués de presse seront envoyés dans la journée après un article de Libération, le dernier avouant finalement une perte de 1,2 milliard d’euros sur des Sicav… monétaires, passée jusqu’alors sous le même silence que l’exposition pour 12 milliards de dollars de la banque au risque d’une faillite de l’assureur AIG. Cette fois, Daniel Bouton démissionne. Reste la question centrale : le rebond peut-il se poursuivre ? Nous assistons depuis quelques mois à la baisse des rémunérations sans risque proposées par les emprunts d’État et à un retour des flux de capitaux vers les obligations d’entreprises plus rémunératrices, amplifié par l’apparition opportuniste de nombreux fonds de placement sur ce thème. Leur potentiel est réel et nous avons intégré ces actifs dans nos allocations. Ces mouvements témoignent d’un retour de l’appétit des investisseurs pour le risque (défaillance d’entreprises, taux ou inflation). Au fur et à mesure, ces obligations retrouveront des niveaux moins attractifs et ces capitaux retourneront vers les actions qui offrent toujours une rémunération élevée et un potentiel de rebond. Notre réponse demeure dans une grande sélectivité des entreprises dans lesquelles nous investissons et dans une gestion active, seule capable répondre à nos objectifs : valoriser au mieux les actifs qui nous sont confiés, sous contrainte d’une bonne diversification et d’un contrôle précis des risques.
|
|