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L’Editorial de juin 2009Les marchés répondent : présent Le rebond se poursuit et les indices boursiers, malgré une pause, restent sur leurs récents sommets, soutenus par des indicateurs avancés encourageants. Nous avons traversé des mois sombres pendant lesquels les investisseurs avaient abandonné toute idée de performance pour ne penser que sécurité et liquidité. Ils s’étaient portés en masse sur les emprunts d’État américains malgré leur rendement devenu quasiment nul. Avec le retour de la confiance dans le système financier, les investisseurs s’inquiètent désormais de rentabilité et retournent vers les emprunts émis par les entreprises et même vers les actions. Des tensions apparaissent sur les émissions souveraines. Leur rémunération demeure faible face à des risques plus importants : l’aggravation des déficits budgétaires, due aux effets cumulés de la récession et des dépenses liées aux plans de relance de l’économie, fait grimper l’endettement des pays. Premier signal fort, l’agence de notation Standard & Poor’s déclare que la note « AAA » du Royaume-Uni s’accompagne désormais d’une perspective négative et non plus stable. Il pourrait en être de même pour les États-Unis. Les taux obligataires à 10 ans se sont tendus, passant de 2 % en début d’année à 3,7 % désormais malgré les interventions de la FED pour les acheter. La Chine préfère à présent les Bons du Trésor à court terme (T-Bills) aux obligations longues (T-Notes et T-Bonds). Ses craintes ne se portent pas forcément sur la croissance, mais plutôt sur un retour de l’inflation et, avant tout, sur les difficultés que pourraient avoir les Américains à refinancer leur déficit devenu abyssal. L’accès de faiblesse du dollar face à l’euro confirme encore ces craintes. Les entreprises multiplient également les appels aux marchés. Face à une raréfaction du crédit bancaire, elles diversifient leurs sources de financement. Ces levées de fonds peuvent permettre de parer un exercice difficile, de réduire leur endettement, de faire face à leurs échéances de dette, mais aussi d’investir et de procéder à des acquisitions. Et les marchés répondent présents ! Le montant de capitaux levés depuis le début de l’année par les entreprises européennes approche 900 milliards d’euros si l’on cumule augmentations de capital, émissions d’obligations convertibles et émissions obligataires. Cela dépasse la capitalisation boursière de nos 40 plus grandes entreprises françaises, et représente une augmentation de 30 % par rapport au premier semestre 2008. ArcelorMittal et EDF battent des records. ArcelorMittal aura réussi depuis le début de l’année une augmentation de capital de 2,3 milliards d’euros et levé sur les marchés obligataires la bagatelle de 4,1 milliards. Après avoir renouvelé en janvier l’équivalent de 7 milliards d’obligations, EDF annonce un emprunt de 1 milliard (minimum) auprès des particuliers d’une durée de 5 ans au taux de 4,5 %. Le résultat de ce placement est un bon test de leur appétit pour cette forme de financement rarement employée. L’Agence France Trésor, chargée des adjudications pour l’État, parvient encore à placer à 5 ans au taux de 2,7 %. L’emprunt Balladur en 1993, qui proposait une rémunération très généreuse de 6 % avait rencontré un succès tel que pour limiter son coût, il avait été remboursé par anticipation grâce aux produits des privatisations. Ces appels à l’épargne populaire pourraient s’étendre à d’autres États, développés ou émergents, s’ils trouvent le chemin du succès. Saluons ces investisseurs et ces marchés financiers qui parviennent malgré leur récente convalescence à jouer pleinement leur rôle. Et réjouissons-nous des moyens apportés aux entreprises afin d’assurer la pérennité de leur activité et leur développement.
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