L’Editorial – 1er août 2018

LES PUBLICATIONS POURRAIENT ÉTENDRE LA HAUSSE AU-DELÀ DES SEULES VALEURS DE CROISSANCE

Le début d’été est régulièrement redouté par les investisseurs qui craignent la prétendue saisonnalité résumée par l’adage « sell in May and go away ». Ils cherchent également à éviter les ajustements d’objectifs financiers des entreprises, souvent émis à l’occasion des publications du premier semestre.

Alors que les indices européens ne trouvent pas de réelle tendance depuis le 1er janvier, campés dans un intervalle de variation étroit avec une volatilité proche des points bas historiques, ils ont retrouvé de l’élan en juillet, s’adjugeant près de 3,5 % et repassant en territoire positif.

L’analyse des performances sectorielles souligne une forte dispersion entre secteurs positifs et négatifs que ne laisse pas paraître la performance absolue des indices. Le contraste est ainsi très fort entre les contributions positives (Pétrole + 15,5 %, Technologie + 9,5 %, Distribution et Santé + 8,2 %) et les négatives (Banques – 6,0 %, Télécoms – 5,8 %, Automobile – 4,4 %). De même, les écarts entre styles de gestion sont historiquement élevés, à la fois en termes de valorisations et de performances. Ces écarts se retrouvent inévitablement entre nos fonds, l’excellente performance de Montségur Croissance contrastant avec celles de Montségur Opportunités et Rendement.

Ils reflètent la préférence accordée par le marché aux entreprises de croissance, capables de générer indépendamment du cycle une croissance durablement supérieure à celles de leurs secteurs ou de l’économie, par rapport aux sociétés dites « value » ou « rendement », plus sensibles à la conjoncture et plus matures.

Cette distinction peut également se fonder sur d’autres critères : celles qui ne sont pas atteintes par la digitalisation – ou l’emprise des monstres mondiaux du commerce électronique – ou qui surfent pleinement sur ces disruptions, à comparer à celles de l’ancien monde qui doivent s’y adapter. L’exemple est criant pour le secteur bancaire, plus fort repli malgré des résultats qui ne créent aucune rupture avec le niveau de profit recouvré post-crise financière.

Autre critère de divergence potentiellement déterminant, les anticipations de remontées de taux d’intérêts, notamment sur les obligations d’entreprises. Les investisseurs convaincus d’une poursuite du redressement des taux délaissent les sociétés matures et dont le bilan est lourd, jusqu’alors privilégiées pour la solidité de leur modèle économique et leur risque plutôt faible d’autant qu’elles distribuent des dividendes élevés. Ils patientent avant de revenir sur des marchés obligataires, convaincus d’obtenir des rendements proches sans le risque des marchés actions. Les exemples du secteur Télécoms ou encore des Services aux collectivités (électricité, eau, infrastructures etc.), basés sur une rente, sont éloquents.

Dernier critère, l’exposition aux mesures protectionnistes lancées par Donald Trump aura été la source de la contreperformance en Europe de l’industrie automobile et notamment des constructeurs allemands.

La publication récente de Facebook est historique, la chute de 19 % du titre ayant fait disparaitre en une séance 118 milliards de dollars de sa valeur boursière, record absolu. Si on l’associe aux publications de Twitter et Netflix, cette sanction représente un électrochoc pour les investisseurs qui semblent depuis reconsidérer certains dossiers du compartiment « value » et « rendement ».

Arrivés à mi-chemin, les publications de résultats ne semblent pas de nature à contredire nos anticipations positives pour la fin de l’exercice. En revanche nous pensons qu’une rotation de style pourrait s’amorcer.

François Chaulet

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