L’Editorial – 2 mai 2018

FORT REBOND DES INDICES EUROPÉENS EN AVRIL

Les marchés actions ont décidé de faire fi de leurs principales craintes en avril pour retrouver le chemin de la hausse avec des performances mensuelles significatives. Le CAC 40 s’adjuge ainsi 7,1 % sur le mois et conserve son avance par rapport à l’indice européen STOXX 600 et au Dax allemand (+ 4,5 % et + 4,1 % respectivement sur la période). Depuis le début de l’année 2018, les principaux indices européens repassent ainsi en territoire positif.

Les craintes concentrées sur la remontée du taux américain à 10 ans au-delà de 3 % n’ont pas suffi à décourager les investisseurs qui jugent cette hausse progressive et relativement modérée face à une inflation qui atteint pour la première fois depuis longtemps la cible de 2 % sur l’année écoulée. L’époque de la crainte du modèle japonais, d’une déflation permanente, d’absence de croissance économique et de taux d’intérêts éternellement nuls, rapidement nommée stagnation séculaire semble révolue.

L’autre crainte qui pénalisait le rattrapage de l’Europe résidait dans l’évolution de la parité de l’euro-dollar, susceptible de pénaliser la compétitivité et les résultats des entreprises en zone euro. Le déclin du dollar semble avoir été momentanément enrayé et il retrouve, fin avril, le niveau de début d’année face à l’euro.

L’écart de rémunération d’un placement des capitaux en dollars (3 %) versus en euros (0,6 % pour l’emprunt allemand, 0,8 % pour l’OAT française) à 10 ans justifie deux choses : tout d’abord, il soutient le dollar face à l’euro dans la mesure où un détenteur de billets verts préfèrera les conserver et investir sans risque à 3 % plutôt que de les convertir en euros ; ensuite, que les investisseurs européens ne trouvent toujours pas d’alternative aux actions, seules capables d’apporter une rémunération positive de leurs capitaux du fait notamment de leurs généreux dividendes (toujours au-delà de 3 % pour l’indice large STOXX 600). Cette thèse est à relativiser outre-Atlantique avec un dividende moyen de 2 % pour l’indice S&P 500, désormais inférieur au rendement de l’actif sans risque à 10 ans.

La mollesse de la croissance en Europe au premier trimestre s’avère une réalité, à l’image de la France dont la hausse de 0,3 % marque le pas comparativement au trimestre précédent (+ 0,7 %). Cet accès de faiblesse trouve ses origines dans des facteurs temporaires (hiver rigoureux, grèves, dates de vacances défavorables, etc.) qui ne semblent pas remettre en question l’objectif 2018 supérieur à 2 %. La réunion de la Banque centrale européenne a pris note de ce coup de froid et fait preuve de prudence en évoquant également l’impact des craintes protectionnistes sur la croissance mondiale, et a rassuré ainsi les marchés qui craignaient un resserrement monétaire plus rapide.

Les acteurs de marchés envisageaient les points d’activité trimestriels comme un facteur de soutien susceptible de reconnecter les investisseurs avec la réalité des affaires des entreprises et leurs anticipations pour l’exercice 2018. Aux Etats Unis, 68 % des entreprises du S&P 500 ont publié des résultats pour la plupart impressionnants mais relativement attendus, permettant néanmoins un rebond des indices. En Europe, à mi-parcours des publications, les surprises positives s’avèrent légèrement prédominantes, représentant 52 % de l’ensemble des résultats dévoilés. À ce stade, aucun infléchissement des estimations pour 2018 n’est donc à attendre, ces dernières restant bien orientées et confirmant le potentiel haussier des indices pour la fin d’année.

François Chaulet

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