L’Editorial – 1er février 2018

DÉBUT D’ANNÉE POSITIF POUR LA QUASI-TOTALITÉ DES MARCHÉS FINANCIERS

L’année 2018 démarre du bon pied, les premières séances ayant permis de retrouver les sommets de fin 2017 voire de les dépasser. Tous les espoirs restent permis alors que l’ensemble des indicateurs économiques attestent d’une accélération de la croissance et des résultats des entreprises, constatée de façon synchronisée pour les principaux pays contributeurs de l’économie mondiale.

La réforme fiscale américaine arrachée par Donald Trump après de longues tractations a permis aux marchés de battre de nouveaux records et d’atteindre des niveaux de valorisation toujours plus élevés, captant dès janvier les gains liés aux économies fiscales permises notamment par la baisse du taux d’imposition des sociétés. Le discours tenu par le Président américain sur l’état de l’Union se veut moins clivant, d’autant qu’il s’agit désormais de financer l’Etat fédéral, dont les ressources sont les premières victimes des baisses d’impôts alors même qu’il doit désormais valider un plan d’investissements dans les infrastructures de 1 500 milliards de dollars, dont 200 d’argent public.

Les entreprises américaines continuent de bénéficier du levier de performance lié à la guerre des changes qui a repris de plus belle, le dollar poursuivant sa baisse généralisée face à la quasi-totalité des devises majeures. La stabilisation de fin d’année a vécu, sa tendance baissière ayant repris comme l’illustre sa perte de sa valeur face à l’euro (plus de 3 %). Celui-ci a donc progressé de 15 % depuis un an face au dollar et ce mouvement caractérise ce que l’on appelle une dévaluation compétitive. Même si les entreprises européennes se sont adaptées en neutralisant les effets négatifs d’un euro fort, les gains de compétitivité obtenus par le biais de cette dévaluation, associés à la moindre pression fiscale sur les entreprises américaines, constituent un puissant levier économique en faveur des Etats Unis.

Le momentum économique européen devrait réserver de bonnes surprises et s’ajoute à la diminution des risques politiques, avec la constitution d’une coalition en Allemagne, pour soutenir l’euro. Le principal sujet d’interrogation est désormais le « Brexit », qui fragilise le Royaume-Uni mais n’affecte pas l’euro.

La baisse du dollar n’est pas forcément de nature à inverser la tendance haussière des marchés, car elle fortifie un marché américain toujours dominant et directeur. D’autres éléments commencent pourtant à freiner les ardeurs des investisseurs, éléments tous liés aux anticipations d’inflation. Cette dernière est désormais la clé d’un retour à une politique monétaire plus rigoureuse et à une remontée des taux souverains en Europe, qu’il faut absolument contenir faute de retrouver des Etats, des entreprises et des ménages pénalisés par des capacités de financement redevenues trop rapidement restrictives.

De ce point de vue, la remontée continue du pétrole au cours des sept derniers mois a de quoi interroger, le baril ayant progressé de plus de 40 %. L’examen des taux d’intérêts souverains en Europe, notamment le rebond des taux de référence à 10 ans, pourrait également inquiéter. Le Bund allemand est passé entre décembre et fin janvier de 0,3 % à 0,7 % et il en va de même pour l’OAT française, passée de 0,6 % à presque 1 % sur la même période.

Ces puissants mouvements, à contrecourant de l’alignement de planètes favorable largement commenté depuis des mois, sont parvenus à stopper la progression des indices fin janvier et pourraient être à l’origine d’une consolidation. Il est toutefois probable qu’ils connaissent a minima une pause ou une consolidation, qui permettraient aux investisseurs de retrouver le courage nécessaire pour acheter des actions, correctement valorisées mais disposant encore du potentiel d’appréciation offert par la solide progression des profits.

François Chaulet

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