L’Editorial du 31 janvier 2010SOUS LE SIGNE DE JANUS La période de début d’année, du point de vue des marchés financiers, a des rapports directs avec le dieu romain qui a laissé son nom au premier mois de l’année : Janus. À l’image de cette divinité aux deux visages, il s’agit d’une phase de transition entre le passé et ses publications de résultats d’entreprises pour l’exercice écoulé, et l’avenir des anticipations pour l’exercice 2010 démarré. Du côté des publications, force est de constater que les résultats communiqués sont le plus souvent conformes ou supérieurs aux attentes des analystes. La moitié des entreprises du S&P500 américain a publié à ce jour des bénéfices en hausse de 200% contre 73% attendu, et les trois quarts ont battu les attentes. Ces éléments rassurants a priori donnent lieu à des réactions paradoxales : ces publications ont souvent été sanctionnées, celles manquant leurs objectifs l’étant plus sévèrement encore. Du côté des anticipations européennes, la tendance naturelle à espérer une dizaine de pour cent d’augmentation par défaut en début d’année demeure, et le consensus prévoit une remontée des profits d’environ 20% - hors financières en 2010 et de 15% encore pour 2011. Ce chiffre pourrait atteindre 25% en incluant les financières, mais elles subissent trois paramètres exceptionnels : la remontée des exigences de fonds propres conformément aux contraintes de Bâle II, la fin annoncée des mesures exceptionnelles de fourniture de liquidités à très faible coût par les Banques Centrales, et un mouvement de défiance politique sans précédent. À l’image du Président Obama ou de notre Président Sarkozy dans son discours inaugural du Forum de Davos, les politiques visent des objectifs allant au-delà d’une limitation ou de la taxation exceptionnelle des bonus. Ils demandent désormais une séparation des activités de Banque de Financement et d’Investissement telle qu’elle existait au lendemain du « Glass Steagall Act » qui a réglementé le secteur après la crise de 1929. Regroupant les activités de fusions-acquisitions, d’opérations de haut de bilan (émissions d’actions ou de dettes), de trading ou de produits financiers dérivés, ces divisions devront être juridiquement identifiées et indépendantes des activités traditionnelles de banque de dépôt afin que les risques inhérents à ces métiers ne puissent mettre en péril les avoirs des clients et le système financier global. Du point de vue de l’actionnaire, nous devrions nous réjouir. Ceci nous permettra à terme d’investir à nouveau dans les banques commerciales, métier relativement récurrent, sans risquer de financer les activités spéculatives pour lesquelles Œéchec’ signifie qu’actionnaires et contribuables mettront la main à la poche et Œsuccès’ signifie Œsalaires et bonus’ mirobolants bien avant Œdividendes’ pour les actionnaires. Ces nouvelles ont pénalisé les marchés et surtout le secteur bancaire. Notre absence totale du secteur protège relativement nos fonds et leurs performances. Malgré le retour des marchés, notre confiance en ce Janus orienté vers l’avenir et notre capacité à générer des performances sur les actions en 2010 demeurent. La publication d’une croissance américaine à + 5,7% en rythme annuel au dernier trimestre est rassurante et montre que la locomotive a repris son élan. De nombreuses entreprises, restructurées, seront à même de tirer parti de la conjoncture et de politiques monétaires mondiales extraordinairement favorables. Les bénéfices ont été divisés par deux en 2009. Comme aux États-Unis, le potentiel de rebond pourrait surprendre.
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